Le Pérugin : douceur, raffinement et simplicité au Musée Jacquemart-André

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Vierge à l’Enfant
Le Pérugin
Vers 1500, huile sur bois, 44 x 34 cm
Rome, Galleria Borghese

Ma première expo parisienne de la rentrée est ‘Le Pérugin, Maître de Raphaël’, ouverte un peu plus tôt que les autres expos de l’automne. L’exposition ne traite de la “filiation” entre Le Pérugin et Raphaël que dans ses deux dernières salles – mais je comprends l’ajout du nom du dernier au titre de l’exposition afin d’attirer un plus grand public. Le titre sonne comme une affirmation (Le Pérugin serait le maître de Raphaël) mais le musée ne prend finalement pas position.

Friande de Renaissance Italienne, j’ai redécouvert Le Pérugin au Musée Jacquemart-André et observé ses débuts qui me rappellent Botticelli, et pas seulement dans ses contrapposto (position debout dans laquelle le poids du corps se reporte sur une seule jambe). J’ai remarqué que Le Pérugin exécutait encore des plis droits lors de ses débuts, avant d’améliorer sa maitrise des drapés.

Arrive sa période florentine, Le Pérugin peignait des paysages au lieu des fonds dorés de son premier maître Bartolomeo Caporali, encore inspiré par le gothique tardif. Le Pérugin se caractérise aussi par la douceur des traits de visage, aussi en contraste avec son premier maître. J’ai appris lors de l’exposition à Jacquemart-André que Le Pérugin travaillait ses couleurs en superposant des glacis transparents et ajoutait de la poudre de verre pour la brillance.

J’ai identifié sa période de maturité vers 1500 avec sa Vierge à l’Enfant de la Galleria Borghese, non sans me rappeler le sfumato de Leonard de Vinci. Le Pérugin surprend par son réalisme, le commentaire de l’audioguide le dit inspiré des flamands mais je pense que ses ombres et lumières le rapprochent définitivement du sfumato de Leonardo. À y regarder de plus près, le contrapposto du Pérugin annonçait déjà le maniérisme.

Je connaissais les débats d’attribution entre Le Pérugin et Raphaël avant l’exposition. Toutefois, je ne me posais pas de question sur le fait que Raphael ait été son élève direct ; pour moi c’était une évidence. Les deux peintres ont des œuvres si proches : au début de ma période d’apprentissage je les distinguais des autres peintres de la Renaissance Italienne par leur dessin si particulier des bouches féminines, en “cul de poule” !

À noter, la réunion exceptionnelle des différents éléments qui subsistent du Retable de St Nicolas de Tolentino, exécuté par Raphaël (et possiblement Evangelista da Pian di Meleto). J’aurais aimé voir une Vierge à l’Enfant de Raphaël mais je m’en remettrai. Ma nouvelle copine d’expo C. a aussi aimé, notamment éblouie par le Portrait de Baldassare d’Angelo, une œuvre profane au rendu très réaliste. ‘Le Pérugin, Maître de Raphaël’ est présentée au Musée Jacquemart-André jusqu’au 19 janvier 2015.

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