Un Dimanche à Paris (Raysse et Mémoires Vives)

Quatre expositions le temps d’un week-end à Paris, c’en est devenu une délicieuse habitude. Ce qui est inhabituel, c’est d’emmener mon frère à une exposition. Tout est parti d’une blague sur l’expo Fontana au MAM. J’ai choisi Martial Raysse au Centre Pompidou.

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Martial Raysse, Tableau Cassé

Le musée le décrit comme “iconoclaste” (se disait de ceux qui tentaient de supprimer les icones et d’interdire leur culte). Soit, la définition de l’iconoclaste moderne s’est adoucie mais reste le concept de destruction, ce que je trouve trop dur pour qualifier Martial Raysse, artiste proche du pop art. Ses œuvres seraient-elles en hommage à Ingres, aux artistes de Renaissance Italienne – les admirait-il ? Certes, il va plus loin dans le concept d’appropriation par rapport aux autres figures du pop art dont Roy Lichtenstein. Lichtenstein réinterprétait des œuvres d’artistes tels que Picasso, transposant son propre style. Raysse, lui, change les couleurs – la Grande Odalisque d’Ingres devient verte – y ajoute des objets (fleurs, mouches, néons)…

Sa liberté et son audace m’ont surprise : par l’ajout d’objets, l’addition de vidéos sur ses tableaux, les images qui dépassent les bords de la toile ou le bord de la toile cassé ! Peut être sans surprise, j’ai préféré ses débuts. J’ai trouvé difficile d’apprécier son œuvre récente, qui présente un tel décalage par rapport à ses débuts pop. Plus récemment, Raysse a revisité les thèmes religieux et a peint des grands formats peuplés de personnages et groupe incohérents. La Collection Pinault n’a clairement pas le même avis et possède de nombreux exemples récents de Raysse.

Après le déjeuner, j’ai poursuivi mon dimanche culturel à la Fondation Cartier, avec mon ami K. que je surnomme désormais le magicien culturel. Dans le cadre du 30ème anniversaire de la Fondation Cartier, l’exposition Mémoires Vives « s’articule autour d’œuvres que la Fondation Cartier a collectionnées depuis 1984 ». Au vu de mon âge et de mon gout récent pour l’art contemporain, je ne suis devenue que récemment une afficionado de la Fondation Cartier (dont les expos Yue Minjun et Ron Mueck), qui a la réputation méritée d’expositions courtes de qualité.

Nous avons adoré l’exposition Mémoires Vives, qui fut source de discussions artistique et philosophique avec mon ami K, ainsi qu’avec les médiateurs culturels (un grand plus pour la visite, chapeau !). J’ai identifié trois thèmes récurrents dans l’exposition :

– L’homme et la nature : le travail sur la nature (le travail de marqueterie de Duprat) ou la reproduction de la nature (Celmins, Penone) ;

– La peinture/sculpture, où le peintre va au-delà de la peinture sur toile (Wayne, Varejao qui montre les tripes de la toile) ;

– Le lien, ou son absence, entre les mots et les images (Messager, Yokoo, Raetz).

20140917-063717.jpg The Monument to Language, James Lee Byars

Les deux expositions continuent pour seulement quelques jours : Mémoires Vives jusqu’au 21 septembre et Martial Raysse jusqu’au 22 septembre, à la Fondation Cartier et au Centre Pompidou respectivement. Mais comme d’habitude, la Fée Culturelle revient bientôt à Paris (pas plus tard que ce week-end !).

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