Mission « 4 expos/Derniers Jours » accomplie

📖 Paris 5-6 juillet 2014 : mission 4 expos qui finissent ce w-e, ou presque. Ma dernière visite parisienne remonte à mai et entre temps beaucoup de voyages dans le monde. D’où la nécessité de visiter ces expositions pendant leurs derniers jours : Van Gogh/Artaud Le suicidé de la société au Musée d’Orsay ; Caillebotte à Yerres au temps de l’impressionnisme à la Propriété Caillebotte ; Les impressionnistes en privé au musée Marmottan-Monet et Initiés Bassin du Congo au Musée Dapper.

📖 Samedi matin, petit déjeuner avec ma copine N. chez elle. Je lui annonce mon programme d’expos et la rassure en lui disant que ce sera sur deux jours et non quatre expositions en une journée ! Direction Musée d’Orsay vers 13h. Titulaire de la carte Jeunes, je me réjouis de l’entrée C libre comme l’air. Il y a une queue à l’intérieur du musée mais en 25 minutes, je faisais face à un tableau de Van Gogh.

🎨 Van Gogh & Artaud : deux suicidés de la société

J’ai trouvé le lien entre les tableaux de Van Gogh et les textes d’Artaud souvent difficile à établir. Je lui concède que Van Gogh donnait vie aux objets les plus simples et rendait les paysages un aspect convulsé. Je pense qu’il aurait fallu mettre davantage en évidence les textes d’Artaud et peut être éparpiller ses œuvres dans les salles au lieu d’une salle unique au milieu de l’exposition.

J’ai quand même apprécié l’exposition, aimant les peintures de Van Gogh. Ce dernier m’aurait suffi mais je comprends qu’exposer Van Gogh nécessite un thème novateur – récemment nous avons eu la réunion des Tournesols à la National Gallery ; Van Gogh, rêves de Japon à la Pinacothèque et The Real Van Gogh: the Artist and his Letters à la Royal Academy. J’avais déjà vu beaucoup des tableaux exposés au Musée d’Orsay, ayant visité le Musée Van Gogh à Amsterdam et vu plusieurs tableaux de la Collection Kröller-Müller d’Otterlo prêtés à la Pinacothèque en 2012-13. Néanmoins, j’ai été époustouflée par L’allée des Alyscamps, provenant d’une collections particulière, notamment par le point de fuite de l’allée et le rouge flamboyant de l’automne.

20140710-160546.jpgVincent van Gogh (1853-1890)
L’allée des Alyscamps
Painted in Arles, October-November 1888

J’ai également retrouvé au Musée d’Orsay les couleurs de Van Gogh, comme son citron pâle dans Forêt de pins au déclin du jour et Nature morte avec panier de pommes, et son jeu avec la complémentarité des couleurs dans Crabe sur le dos. Je réitère que sa plus belle période pour sa peinture est celle passée à St Rémy, quand son pinceau commença à tourbillonner.

📖 Pas le temps de déjeuner, une (délicieuse) tarte pistache-nectarines fera l’affaire. Direction Yerres en RER D. Ma sœur Miss Loulou me rejoint à la Propriété Caillebotte et comme il n’est jamais trop tôt pour aimer l’art, ma nièce de 10 mois (“mini-fée culturelle”) fait également le déplacement ! C’est sa toute première expo et celle de Caillebotte à Yerres est parfaite pour commencer son initiation…

🎨 Le gris-violet de Caillebotte

Caillebotte était non seulement un artiste, mais étant fortuné, également un mécène et collectionneur de ses amis impressionnistes. Caillebotte est connu pour son magnifique compte rendu d’ouvriers de ville dans Les raboteurs de parquet exposé au Musée d’Orsay. Ledit tableau a été refusé par le Jury du Salon de 1875 et Caillebotte décida alors de se joindre aux impressionnistes. Ce sont ses années à Yerres qui sont représentées à la Propriété, en 43 œuvres prêtées par des musées et collectionneurs privés.

Mini-fée culturelle s’arrête sur Les Périssoires 1877 de la National Gallery of Art à Washington, qui a servi d’affiche pour l’exposition de Yerres. Miss Loulou et moi remarquons le raccourci maladroit des bras de l’homme en barque au premier plan, qui rend son bras gauche trop court. D’autres maladresses dans le raccourci des jambes dans les périssoires (embarcations légères manœuvrées avec une pagaie) mais Caillebotte a d’autres dons de représentation.

Nous admirons ses reflets de la lumière filtrée par les arbres et le ciel vu entre les arbres. Plus encore que pour le reste des impressionnistes, le blanc est une couleur : la couleur de la lumière. Il utilise souvent un gris-violet, pour représenter les ombres sur le sol. Le Boulevard vu d’en haut est une réussite, inspiré de la perspective des estampes japonaises.

Mini-fée culturelle nous rappelle à l’ordre, se tortillant pour se plaindre de nos piétinements. Il faut dire que j’admire les moindres détails de chaque tableau de Caillebotte exposé, dont un militaire faisant ses besoins dans Yerres, militaires au bois !

20140710-163019.jpg 📖 Mini-fée culturelle est ravie en découvrant le parc de la propriété et gambade à quatre pattes. Elle s’arrête pour observer les jeux de ballons des enfants : une scène de peinture vivante. Le lendemain, il est dur de quitter Miss Loulou et mini-fée… En route pour le Musée Marmottan-Monet.

🎨 L’impressionnisme, une affaire d’abord privée

L’impressionnisme a une longue histoire avec les collectionneurs privés car les musées étaient réticents à accueillir des œuvres impressionnistes au sein de leurs murs. Sylvie Patry, conservateur au musée d’Orsay, avait évoqué cette histoire dans sa présentation “Collecting Impressionism” au View Festival à Londres. Notamment comment le legs Caillebotte avait été partiellement refusé par les musées français. Le barytone Faure, le fonctionnaire de douanes Chocquet, l’industriel Havemayer et l’artiste Caillebotte donc, étaient les principaux collectionneurs d’impressionnisme. Plus tard, la donation Havemayer au Met a fait du musée américain la deuxième collection impressionniste après le Musée d’Orsay.

Les collections du Musée Marmottan-Monet ont également été étoffées par des donations, dont celle de Victorine Donop de Monchy, fille du médecin de Manet, Monet, Pissarro, Sisley et Renoir. L’Impressionnisme en privé présentait 100 œuvres prêtées par des collectionneurs privés dans ce contexte ainsi qu’à l’occasion du 80eme anniversaire du musée. J’ai eu ma période excitante de découverte de l’impressionnisme comme celle que j’ai aujourd’hui avec l’art contemporain. L’expo à Marmottan m’a permis de redécouvrir les impressionnistes avec beaucoup de tableaux inédits : la prépondérance du ciel chez Boudin, le gris violet de Pissarro – mais moins violet que Caillebotte – et le gris, couleur impressionniste par excellence. J’ai parcouru l’exposition sous forme d’un jeu : j’observais le tableau et ses détails et essayais d’en deviner le peintre. Seul Sisley m’a donné du fil à retordre ; je l’ai confondu plusieurs fois avec Monet.

🎨 Les masques de Romuald Hazoumè

J’ai découvert les masques de l’artiste béninois Romuald Hazoumè a la foire 1:54, première foire d’art contemporain africain. Hazoumè revisite le masque classique africain avec des matériaux trouvés, utilisant des bidons d’essence pour les visages de ces masques. Cela donne un résultat cocasse même si l’artiste utilise des bidons de trafiquants d’essence, source de travail des Béninois. L’artiste présentait également à la foire d’Art14 l’installation ‘Rat Singer Second Only to God’, 2013 (October Gallery), un canoë entouré de vagues constituées de bidons d’essence, référant au trafic d’essence et les politiques africains qui refusant de démissionner en dépit de l’état de leurs pays. L’artiste était présent à Art 14 mais comme d’habitude, je suis timide lorsque je rencontre des artistes que j’admire.

18 masques d’ Hazoumè étaient présentés au Musée Dapper, une aubaine ! Les masques introduisaient l’exposition ‘Initiés, Bassin du Congo’, un choix inattendu (mais agréable !) pour évoquer les rites du bassin du Congo dont l’apprentissage préparant les adolescents à devenir adultes. Les objets accompagnant l’apprentissage sont aussi beaux que les pratiques rituelles sont contestables (parfois excision pour les filles) : masques, statuettes, parures, insignes, instruments de musique, etc. Beaucoup d’œuvres ont été prêtées par le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, ainsi que des musées d’Anvers et de Rotterdam.

20140710-163814.jpg Les expositions : ‘Van Gogh/Artaud Le suicidé de la société’ au Musée d’Orsay ; ‘Les impressionnistes en privé’ au musée Marmottan-Monet et ‘Initiés Bassin du Congo’ au Musée Dapper sont maintenant terminées. Mais la Fée Culturelle revient très bientôt à Paris ! ‘Caillebotte à Yerres au temps de l’impressionnisme’ est à la Propriété Caillebotte jusqu’au 20 juillet.

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