Meret Oppenheim : une muse mais pas seulement ; surréaliste et pas seulement

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Meret Oppenheim: «Ma gouvernante», 1936 (détail) © Moderna Museet, Stockholm, © Adagp, Paris 2013, photo: Moderna Museet, Stockholm/Prallan Allsten

Meret Oppenheim avait retenu mon attention à la récente exposition d’objets surréalistes. Le Centre Pompidou y présentait Ma gouvernante, des chaussures blanches attachées, aux talons éraflés, présentées sur une assiette. Meret Oppenheim a souffert d’une reconnaissance tardive, étant davantage considérée comme la muse de Man Ray – la vidéo Poison dans l’expo du LaM nous montre l’intime complicité entre Meret Oppenheim et Man Ray. C’est elle la belle femme nue dans Érotique Voilée et que LaM, le musée d’art moderne, contemporain et brut de Lille/Villeneuve d’Ascq, expose jusqu’au 1er juin.

L’aspect du jeu est essentiel dans l’œuvre d’Oppenheim à mon avis, la rapprochant des Dadas et surréalistes. Elle excellait dans l’assemblage fortuit d’objets n’ayant aucun rapport entre eux (ex: Le Couteau) et s’amusait dans l’attribution de ses titres à la Magritte – ex: Le Roi est tombé dans la relativité ; Striptease à la lisière du bois (Les petits nains eux aussi font la fête). Ses objets (surréalistes) ne sont souvent ni beaux, ni fonctionnels, comme Le Couple, une paire de bottines en cuir libérées de leur fonction dont les pointes sont collées.

Y a-t-il un art féminin, et si oui une artiste féminine pourrait-elle débuter dans la provocation telle que Louise Bourgeois, me demandai-je ? Meret Oppenheim me donna tort, elle rejetait la provocation de l’artiste dans un article exposé en vitrine à la fin de l’expo (Le Matin). Pour elle, l’artiste a plus grande vocation : les artistes ont la capacité de comprendre et transmettre le sens profond de l’univers. C’est en cela qu’elle se différencie du surréalisme : elle souhaite partager son rêve car “ce sont les artistes qui rêvent pour la société”.

Meret Oppenheim a produit des objets incongrus devenus cultes, comme le Bracelet en fourrure, exposé au LaM. C’est elle également qui est à l’origine du buffet dressé sur le corps d’une femme nue (Le Festin). L’exposition du LaM lui rend justice : pas seulement muse, ni seulement surréaliste. L’expo comporte moins d’objets surréalistes que j’attendais mais donne l’occasion de découvrir ses peintures. Elle se termine sur un mur de masques que j’ai beaucoup aimés (non sans me rappeler les masques de l’artiste contemporain Romuald Hazoumè !).

20140528-070457.jpgMeret Oppenheim, Le Couple , 1956. Collection particulière. Photo : DR. © Adagp Paris, 2014.

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