La papesse revient à la maison rouge

Je n’ai voulu retenir que Berlinde De Bruyckere dans le titre de l’exposition Berlinde De Bruyckere et Philippe Vandenberg : Il me faut tout oublier à la Maison Rouge. En fait, la sculpteur belge Berlinde De Bruyckere (“BdB”, née en 1964) est la commissaire de l’exposition de la Maison Rouge qui montre actuellement les œuvres des deux artistes belges Bruyckere et Vandenberg. BdB, qui a d’ailleurs eu sa première exposition personnelle à la Maison Rouge en 2005, a voulu montrer le travail de son compatriote Philippe Vandenberg (1952-2009), méconnu du grand public. BdB a choisi des tableaux de Vandenberg pour établir un dialogue entre son œuvre et la sienne.

J’ai trouvé la confrontation pertinente bien que les œuvres de BdB en ressortent davantage, ce qui n’était sûrement pas son intention. Vanderberg était un peintre de style néo-expressionniste dans les années 90, avant d’adopter un style plus tourmenté et viscéral. Notre guide nous expliquait que ses peintures traitaient du destin inéluctable de l’homme entre la pulsion de vie (Éros) et les pulsions de mort (Thanatos). A la fin de sa vie, il peint et écrit « Il me faut tout oublier », d’où le titre de l’exposition.

J’ai découvert BdB à l’exposition Les Papesses, qui réunit cinq artistes femme, de Camille Claudel à Berlinde de Bruyckere – (re)lisez mon commentaire ici. Berlinde de Bruyckere est la “papesse” qui m’a le plus marquée. Son œuvre est dérangeante : ses troncs d’arbre en cire ressemblent étrangement à des ossements humains ; la cire réplique la peau humaine ; ses hommes décomposés me rappellent l’œuvre de Bacon, des carcasses de Soutine, voire un Hans Bellmer féminin qui aurait œuvré sur des hommes.

A la Maison Rouge, une violence mesurée, si je puis dire, émane de ses sculptures. Dans la salle où figurent les Il me faut tout oublier écrits et peints par Vanderberg, BdB ligote un arbre, mais lui effectue un garrot ; supporte un autre arbre mais le blesse avec une structure en fer. Ses arbres sont entre la vie et la mort. Ses arbres ne sont pas en bois mais BdB réalise un moule de l’arbre qu’elle travaille en cire par la suite qui révèlera l’écorce dans ses moindres détails. Un travail qui doit être précis dû à la rapidité du procédé du moulage a la cire.

L’exposition Il me faut tout oublier de Berlinde De Bruyckere et Philippe Vandenberg est présentée à la Maison Rouge jusqu’au 11 mai 2014.

20140326-064356.jpgBerlinde de Bruyckere et Philippe Vandenberg – Il me faut tout oublier : Berlinde De Bruyckere, détail 2013 © Mirjam Devriendt

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