Frida | Diego : L’union d’un éléphant et d’une colombe

C’étaient les termes du père de Frida, faisant allusion aux différences physiques entre l’imposant Diego Rivera et la frêle Frida Kahlo. L’exposition du Musée de l’Orangerie propose, elle, de confronter l’art des deux artistes mais se révèle aussi plus intime, suivant la vie personnelle d’un des couples mythiques de l’histoire de l’art.

M. BB, que j’ai facilement convaincu de m’accompagner, fut marqué par les différentes personnalités des deux artistes. Diego, l’artiste proche du cercle d’artistes parisiens avant d’être obnubilé par ses convictions politiques ; Frida qui rejette le cercle parisien et qui est peu sensible à l’invitation des surréalistes. Ceci est illustré par l’autoportrait de Diego en artiste bohème, représentation en vogue de l’artiste qui n’affiche plus sa réussite sociale mais l’art comme une vocation.

Diego Rivera se positionna en artiste révolutionnaire… de Paris. À la différence d’artistes qui produisaient en temps de guerre ou créaient dans l’adversité, c’est l’engagement politique, à distance, qui primait chez Rivera. Il s’essaie d’abord au cubisme ; quoiqu’il s’inspire du cubisme cézannien et synthétique plutôt qu’une application du cubisme proprement dite. En mon opinion, Diego ne ramène pas sur le plan frontal les divers angles de son sujet comme le faisaient les artistes cubistes mais il reprend seulement les formes géométriques, le travail sur la texture et les papiers collés cubistes. Puis ses fresques murales d’ordre politique l’occupent jusqu’à éclipser son art.

Si Diego s’est tôt inspiré du cubisme, quelle était l’inspiration de Frida ? Aucune ou peu car elle reste profondément proche de l’art mexicain. C’est surtout sa vie personnelle qui est la source de son art, très difficile à cause de son grave accident de bus. Frida peint sa vie et devient une icône, voire une martyre. Ceci pourrait être en partie du à son manque de motricité, limitant son monde. Le Musée de l’Orangerie a inclus une salle jaune aux murs extérieurs bleus – rappelant la Casa Azul, maison bleue où le couple vécut – retraçant d’une manière touchante la vie du couple, photographies à l’appui.

L’expo est de petite taille – disproportionnée aux files d’attente le week-end ! La plupart des œuvres proviennent du Musée Dolores Olmedo, dans la banlieue Sud de Mexico, du nom d’une femme d’affaires et collectionneuse. Pour les amateurs de Frida comme moi, l’expo est moins complète que celle de la Tate Modern en 2005. J’ai aimé la confrontation des deux artistes du Musée de l’Orangerie mais j’ai préféré l’art de Frida, l’œuvre de Diego se résumant trop à son caractère politique. ‘Frida Kahlo / Diego Rivera. L’art en fusion’ est au Musée de l’Orangerie jusqu’au 13 janvier 2014.

20131230-142341.jpgFrida Kahlo (1907-1954) Autorretrato con Traje de Terciopelo 1926 Huile sur toile H. 79,7 ; L. 59,9 cm Collection privée © ADAGP, Paris 2013 – Photo Francisco Kochen

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