Penone, Arte Povera en bronze & marbre à Versailles

J’ai découvert Giuseppe Penone au Centre Pompidou en 2004 : Penone est un artiste italien du mouvement Arte Povera. L’Arte Povera (“art pauvre” traduit littéralement) est né à la fin des années 60 en Italie et se caractérise par l’utilisation de matériaux naturels, tels que la terre, éléments végétaux, ou encore laine et charbon. L’Arte Povera est né en réponse à l’art “riche”, dérivé de la société de consommation, comme le Pop Art. Penone est un des derniers artistes de L’Arte Povera. Mon obsession pour Penone est revenue, depuis qu’un voyageur rencontré au Népal m’a demandé quel était le nom de l’artiste, en me décrivant une des œuvres de Penone qu’il avait vu à la Tate Modern.

Le Château de Versailles a invité l’artiste italien Penone à exposer ses œuvres, après Joana Vasconcelos et Jeff Koons entre autres, dans le cadre d’une initiative visant à introduire l’art moderne dans le château, ou plutôt à dépoussiérer l’image du château. 14 œuvres de Penone sont reparties dans le jardin du Château de Versailles selon l’axe de la Grande Perspective, ainsi qu’une forêt d’arbres dans le Bosquet de l’Etoile. Il y a également trois œuvres dans le Château que nous n’avons pu voir. Les œuvres de Penone exposées à Versailles sont bien différentes de celles que j’avais vues à Beaubourg. Je me souviens d’un travail profond et modelage du bois dans les œuvres de Penone exposées en 2004, ainsi qu’un dialogue entre l’être humain et le monde végétal, quand Penone s’intéresse notamment à la croissance d’un arbre, interrompue par la main de l’artiste.

Les œuvres de Penone à Versailles sont principalement en bronze et en marbre. Certaines œuvres ont été conçues spécialement pour l’exposition et le bronze et le marbre sont certes, plus faciles à exposer en extérieur. Cependant, je pense tous deux sont des matériaux atypiques de l’Arte Povera, plus habitué au recours à des matériaux naturels et minéraux. Penone décrit toutefois le bronze comme le matériau idéal pour fossiliser le végétal, voire recréer l’arbre, avec la même texture et la même couleur. Il est vrai qu’à défaut de voir l’œuvre de très près, il est bien difficile de dissocier le bronze d’un arbre réel. Ainsi, mon père et moi tergiversions sur les matériaux utilisés, particulièrement dans Tra scorza e scorza (“Entre écorce et écorce”). Dans un extrait du catalogue de l’exposition, j’appris que Penone avait récupéré deux troncs de cèdres de Versailles après la tempête de 1999, a relevé l’empreinte de l’écorce d’un des deux arbres dont le bois était malheureusement pourri, et a réalisé Tra scorza e scorza, composée de deux écorces en bronze écartées l’une de l’autre au milieu desquelles pousse un arbre vivant.

L’utilisation du marbre par Penone m’a encore plus étonnée. Un marbre blanc de Carrare, un des marbres les plus prisés au monde pour sa blancheur et… un veinage peu apparent. Penone en retire de superbes Anatomies et un Sceau, qui donne l’illusion d’une colonne en marbre roulant sur des stèles en marbre qui y aurait imprimé ses reliefs. Paradoxalement à mon avis, Penone utilise ce marbre onéreux et accentue les veines peu apparentes du marbre de Carrare dans ses Anatomies. J’en fais la remarque à mon père, qui rectifie : ce sont les racines des arbres que Penone a représenté. Je suis rassurée, Penone revient toujours à son matériau de prédilection : l’arbre. Penone est au Château de Versailles jusqu’au 31 Octobre 2013.

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