Vues d’en haut, du Centre Pompidou Metz

MAIS que fais-tu en Lorraine ? m’a demandé une amie. J’y étais pour une visite d’usine sidérurgique. Bien sûr, la Fée Culturelle en a profité pour faire un saut au Centre Pompidou de Metz. Le musée, œuvre des architectes Shigeru Ban, Jean de Gastines, Philip Gumuchdjian, accueille en ses murs une à trois expositions temporaires – notons le prix en fonction. L’expo Vues d’en haut propose de dépeindre la perspective de la vue à vol d’oiseau dans l’histoire de l’art.

20131002-181553.jpg Très vite, l’exposition établit un parallèle entre les vues d’en haut et le cubisme, ce qui m’irrita car une vue d’en haut n’offre qu’un seul angle alors que le cubisme en offre plusieurs. La question me taraude tout au long de l’exposition. Le tableau de Robert Delaunay Tour Eiffel et jardins du Champ de Mars (du musée Hirschhorn à Washington) reprend une photographie de La Tour Eiffel vue en ballon de l’époque. Ce tableau est représentatif du thème de l’exposition, tout comme les œuvres de André Devambez , mais je ne vois toujours pas le lien avec le cubisme. Je comprends mieux le lien avec l’art abstrait, les surfaces planes et non figuratives du Bauhaus, Paul Klee et Mondrian.

Je décide d’en avoir le cœur net en demandant à une “médiatrice” – parenthèse : oubliez les explications des panneaux à l’entrée des sections, elles sont inutilement trop techniques et n’hésitez pas à poser des questions aux médiateurs culturels, ils ne sont pas assez occupés ! La médiatrice me donne les clés quant au lien avec le cubisme : celui-ci “aplatit” les formes donc le dos d’une personne représentée figurera sur une toile cubiste. J’ai compris le rapprochement : la vue d’en haut offre une perspective plongeante réduisant la composition à un plan bi-dimensionnel ; le cubisme propose un découpage géométrique des formes et intègre simultanément à une surface 2D tous les points de vue possible sur un objet.

L’exposition m’a également donné une nouvelle clé de lecture pour les œuvres de Klee et Kandinsky. Je n’affectionne pas particulièrement ce dernier (vu à la Tate Modern en 2006) mais ses Accents en rose ont pris vie devant mes yeux conditionnés de vues d’en haut. Les Villas florentines de Klee m’ont offert une combinaison de vue plongeante pour les aplats de couleur et presque en contre-plongée pour ses traits utilisant le bout du pinceau. L’image aérienne a aussi été source d’inspiration pour le Vorticisme, mouvement d’avant garde britannique synthétisant cubisme et futurisme, et le Suprématisme initié par Malevich.

20131002-182034.jpg L’idée de l’exposition Vues d’en haut repose sur le succès des photographies aériennes de Yann Arthus Bertrand. En visionnant son film tourné à Metz, je me suis posé la question si la vue aérienne sublimait ses modèles : les cités de Metz, ses panneaux solaires ou les Dépôts de bitume en province d’Alberta au Canada. Vues d’en haut est une belle exposition, même si quelque peu “fourre-tout”, incluant des photos militaires, chorégraphies orchestrées de foule seyant au communisme, architecture et caméras de sécurité ! J’ai beaucoup aimé les liens avec les mouvements d’art moderne et le parallèle original entre les vues d’en haut et les Drippings de Pollock, évidemment ! Vite, jusqu’au 7 octobre.

PS : je n’ai pas aimé en revanche l’expo Beat Generation, ni le propos, ni le concept d’une expo toute en vidéos dans une même salle.

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