Papesses Power

Feuilletant les pages d’un magazine d’art, le titre fort de l’exposition (Les Papesses) me frappa : le commissaire de l’expo a réuni cinq artistes femme, de Camille Claudel, née en 1864 à l’artiste belge Berlinde de Bruyckere, née en 1964. Entre les deux, Louise Bourgeois, Kiki Smith et Jana Sterbak. Un petit détour à Avignon s’imposait : TGV Aix –> Avignon !

Camille Claudel, femme forte avant l’époque
Je m’étonne d’abord de la puissance de Camille Claudel, pour une femme de son époque. Ses sculptures Rêve au coin du feu et Profonde pensée sont d’une expressivité incroyable qui en fait oublier leurs petits formats, montrant une femme pensive et une autre potentiellement en proie au désespoir. Dans des œuvres de plus grand format de Camille Claudel, on devine son apprentissage chez Rodin dans le corps qui palpite en dessous du marbre et le support peu dépoussiéré. Camille Claudel ajoute des rides dans ses portraits qu’on dirait forcées pour démontrer plus d’expression.

Berlinde de Bruyckere, la papesse star
Berlinde de Bruyckere est la papesse qui m’a le plus marquée. Son œuvre 009 est dérangeante car ses troncs d’arbre en cire ressemblent étrangement à des ossements humains. Plus loin, sa Piéta en est encore plus déroutante tant la cire réplique la peau humaine. Ses hommes décomposés qui n’ont pas leurs organes pas à leur place, me rappellent l’œuvre de Bacon, des carcasses de Soutine, voire un Hans Bellmer féminin qui aurait œuvré sur des hommes. Un grand bravo à l’artiste. Ses œuvres sont si intrigantes et réalistes qu’on a envie de toucher. Je regrette encore d’avoir manqué son travail pour la Biennale de Venise – c’était l’heure de fermeture alors que je n’avais pas encore visité le pavillon de la Belgique.

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Des confrontations pertinentes
Parcourant l’exposition d’Avignon, les souvenirs de l’expo Louise Bourgeois au Centre Pompidou (2008) sont ressurgis. Surtout son obsession et sa crainte de la féminité, qu’elle représente par exemple avec des seins obus en sculpture. Une araignée de grand format de Louise Bourgeois est exposée dans le Palais des Papes. À ses côtés, on croit que ce sont les œufs de l’araignée de Louise Bourgeois mais c’est en fait un planétarium de Jana Sterbak. Autre belle confrontation, la Diane de Camille Claudel avec l’homme cerf Actaeon de Berlinde de Bruyckere. Et la confrontation implicite du plâtre patiné de Camille Claudel avec la cire de Berlinde de Bruyckere.

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Papesses est une superbe exposition qui vaut le détour (par Avignon). L’expo est constituée d’oeuvres fortes par des femmes. Pas de douceur chez les Papesses, surtout chez ma papesse préférée Berlinde de Bruyckere. Les oeuvres de Kiki Smith en revanche manquent de “punch” : trop de douceur dans un monde de papesses… L’expo Papesses est présentée au Palais des Papes et à la collection Lambert jusqu’au 11 novembre. Même si la partie du Château des Papes est plus frappante, je recommande de voir les deux volets de l’expo.

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One response to “Papesses Power

  1. Pingback: Louise Bourgeois’ secrets revealed in Scotland | La Fée Culturelle·

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