Ron Mueck : Plus vrai que nature

La Fondation Cartier présente neuf oeuvres de Ron Mueck, artiste hyperréaliste résidant aujourd’hui à Londres. Des sculptures pour la plupart d’êtres humains, très réalistes mis à part l’échelle, et représentant des situations banales.

Ron Mueck perfectionniste
En observant la première sculpture d’un vieux couple sous un parasol, je me suis posée la question pourquoi vouloir représenter la réalité à ce point – Ron Mueck s’amuse-t-il à reproduire les moindres détails ? J’imagine plutôt un travail de longue haleine et la vidéo de Gautier Deblonde filmant l’artiste au travail montre en effet un Ron Mueck perfectionniste. Dans ‘Couple under an umbrella’, Mueck reproduit avec détail les poils, veines, plis du coude et genou, même l’alliance trop serrée de la femme. Seule l’échelle (le couple est représenté à plus grande échelle que dans la réalité) nous rappelle que c’est une sculpture. Dans ‘Mask II’, où il représente son visage tel que la Sleeping Muse de Brancusi, il travaille au détail près l’implantation des poils non régulière.

Jeux d’échelle et Banalité
Les sculptures de Mueck ne sont jamais à taille réelle : dans l’expo, le vieux couple, le poulet, son autoportrait (Mask II) sont plus grands que nature ; tandis que ‘Woman with sticks’ et ‘Woman with shopping’ sont plus petites. Dans ‘Man in a boat’, l’homme est représenté à plus petite échelle que le bateau.
Outre les jeux d’échelle, Ron Mueck aime représenter le banal : un vieux couple à la plage, une femme avec ses sacs de course, et ses personnages ne sont guère idéalisés. Dans ‘Woman with shopping’, le banal est à son comble : une femme lambda, plus petite qu’en réalité, porte un bébé sur sa poitrine et des sacs Sainsbury’s (supermarché anglais, équivalent de notre Leclerc), aussi à échelle réduite. Le contenu de ses sacs est tout aussi banal : des haricots blancs Heinz beans, du thé basique Yorkshire tea (immonde thé English breakfast) et des Weetabix.

Ron Mueck est donc un artiste proche du courant hyperréaliste. L’hyperréalisme est né aux États-Unis à la fin des années 60. Les artistes hyperréalistes peignaient des objets et scènes de la vie quotidienne avec un degré de réalisme élevé. L’attrait pour l’ordinaire les rapproche du pop art, à mon avis. Par ses sculptures d’êtres humains réalistes, Ron Mueck se rapproche plus particulièrement de Duane Hanson que j’ai découvert à la Biennale de Venise en juillet et qui m’avait également bluffée. L’expo Ron Mueck à la Fondation Cartier a été prolongée jusqu’au 27 octobre.

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