La Vie de Bohème au Grand Palais

Magnifique exposition sur un thème original, Bohème au Grand Palais commence avec un dessin de Léonard de Vinci, “Un homme trompé par des Tsiganes” et traite de la représentation du bohème proprement dit (tzigane, gitan) puis en seconde partie de l’artiste bohémien et de son mode de vie jusqu’au 20ème siècle. La définition du bohémien du Larousse est bien utile pour la 2ème partie de l’exposition : nom donné en comparaison avec la vie errante et vagabonde des bohémiens aux jeunes littérateurs ou artistes parisiens qui vivent au jour le jour du produit précaire de leur intelligence.

La première partie de l’exposition nous emmène donc chez les tziganes et gitans et nous éclaire à propos de la croyance erronée qu’un bohème était forcément égyptien. L’École de Caravage (Caravage, N. Regnier, De La Tour) représentait les femmes bohèmes comme des voleuses – pour en savoir plus sur Caravage, lire mon commentaire sur l’exposition au Lacma. L’École de Boucher représenta ensuite la femme bohème comme enjôleuse… L’École de Barbizon utilisera également l’imagerie bohème, comme la “Zingara au tambour de basque” de Corot. Courbet fut l’un des premiers artistes à revendiquer la vie de vagabond dans “Bonjour Monsieur Courbet” tout en peignant également “la bohémienne et ses enfants”. Manet et Van Gogh figurent également dans l’exposition. Un bijou en petit format par son réalisme et jeux de lumière : les “Enfants tsiganes” d’August Von. Pettenkoffen.

À l’étage une nouvelle bohème (se référer à la définition du Larousse ci-dessus) se dessine par une nouvelle représentation de l’artiste qui n’affiche plus sa réussite sociale mais l’art comme une vocation, engendrant méditation, voire souffrance (Gericault, Delacroix, Courbet). Entre parenthèses, Baudelaire et Courbet étaient de beaux hommes ! Les années de bohème étaient ressenties comme un passage obligé pour ces artistes, synonyme de création, symbolisé par le poêle dans l’atelier (Cezanne, Delacroix), de même que pour les poètes Verlaine et Rimbaud. L’artiste et littéraire devint bohème. Une des dernières salles nous rappelle que Montmartre fut un lieu de rencontre pour ces artistes bohémiens, dans les cabarets du Chat Noir et Lapin Agile. À découvrir au plus vite (avant le 14 janvier), sur fond de musique tzigane, Carmen et bien sûr la Bohème de Puccini.

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